La République en Fêtes : charrette de Chateaurenard (13), défilé de Puyméras (84) © PhI

République en Fêtes

Explorons le Patrimoine des Festivités républicaines dans le Midi

Marianne (26) Suze-la-rousse © PhI
Marianne (26) Suze-la-rousse © PhI

La République Festive

Au cours du collectage de documents sur le patrimoine laïque du Midi, ces « Routes de la République« (1), avec des statues (Marianne…), des coopératives, des cercles, des arbres de la liberté ou de la laïcité, des frontons d’églises avec devise républicaine… nous avons découvert quelques fêtes républicaines qui persistent. Les media locaux ont été précieux ainsi que nos collègues historiens méridionaux, dont feu Maurice Aghulon, Jean-Marie Guillon et Maurice Mistre. Mais, le plus souvent perdurent des banquets et des apéros républicains. Donc, oublions les défilés militaires pour évoquer quelques fêtes républicaines plus originales et très populaires.

Commençons par une manifestation festive très rurale, une « carreto ramado » républicaine (charrette ramée, habillée de feuillages, de légumes du bord de la Durance et de 4000 glaïeuls rouges), avec une Marianne en tête, tirée par un attelage de plus de 80 chevaux de trait, guidés par des charretiers habillés en pantalon bleu, chemise blanche et taillole rouge, aux sons de la Marseillaise, de la Carmagnole et de l’Internationale. C’est à Chateaurenard, au nord du pays d’Arles, au sud d’Avignon, dans le « triangle d’or » du maraîchage (irrigué par la Durance) que défile chaque premier dimanche d’août, cette charrette de la Confrérie des Maraichers (ou de la Madeleine). C’est une des nombreuses « carreto ramado », dont la plupart sont religieuses, mais celle-ci se distingue par son républicanisme. Créée par le groupe des cultivateurs les plus modestes, les Maraîchers, elle était autrefois religieuse, et, a été laïcisée en 1907. Sur cette commune existent également : une charrette religieuse (St Eloi), et, une plus récente, neutre (donc laïque), Les Eclumes, animée par les habitants de La Crau, un hameau de la ville.

Allons plus haut, à l’extrême nord du Vaucluse, dans la petite commune de Puyméras, où nous avons pu participer, le 14 juillet, à un défilé où la Marianne est transportée par quatre jeunes, partant de la place de mairie et parcourant le village. Et le soir, se déroule, sur la place de la mairie, un banquet républicain, puis un bal républicain (et, en 2019, un concours du tee-shirt républicain) (2). Ces balades du 14 juillet où Marianne est conviée, existent encore dans sept localités, en particulier, à La Bastide, à Villeneuve-de-la-Raho et à la Boule-d’Amont, dans les Pyrénées-Orientales, et dans l’Hérault. Des cérémonies qui datent de la fin du XIXe siècle. « A St-Chinian, à Cruzy, à Cazouls-d’Hérault (34), on l’installe sur le balcon (ou le bord de la fenêtre de la mairie illuminée), avec des drapeaux tricolores […] où elle préside à toutes les réjouissances de la fête nationale ». Enfin, au Canet (Hérault), lors de la retraite aux flambeaux, le cortège s’arrête devant la statue de Marianne, la fanfare joue la Marseillaise, reprise en cœur par la population, puis un musicien entonne l’Internationale… ».

Ces manifestations attestent que l’on allier les traditions, les valeurs républicaines et l’engouement populaire. Par contre, on constate trop souvent un fréquent manque d’imagination de municipalités qui préfèrent animer leur commune avec un retour (ou une continuation) à une « tradition » le plus souvent cléricale (procession) au lieu d’explorer l’histoire de leur commune et de leur région. Car, aux côtés des fêtes de tradition religieuse, quelques fêtes républicaines et de nombreuses fêtes païennes, des vendanges, du blé, du riz…

Enfin, pour conclure cette petite illustration de la « République festive » on peut approfondir le sujet avec les travaux de Maurice Agulhon, de Mona Ouzouf, de Evelyne Duret et de Olivier Ihl. L’idée républicaine peut être festive, populaire, laïque, créer du lien social et du sens. PhI

La République en Fêtes : charrette de Chateaurenard (13), défilé de Puyméras (84) © PhI
La République en Fêtes : charrette de Chateaurenard (13), défilé de Puyméras (84) © PhI

Notes (et références complètes sur les versions papier/électronique, réservées aux cotisants)

(1) « Les Routes de la République. Patrimoine Laïque dans le Midi », document au format pdf de 5 pages, Philippe Isnard, éd. Laïcité & LP, 5.2.05 – Laicite.fr Midi

création, 8.11.20Contact : midi(a)laicite.fr – 06 52 27 09 38 84(a)laicite.fr

La Calotte, revue anticléricale, coll. Laicite.fr

La Calotte

Hier & Aujourd’hui. Revue(s) La Calotte, revues anticléricales illustrées (et antireligieuses). Du slogan « A bas la Calotte » aux journaux « La Calotte ». Et, constatons que les propos d’hier étaient bien plus violents que ceux d’aujourd’hui.

Dessins d’hier et d’aujourd’hui

L’arme du rire, adaptation d’un mémoire de maîtrise d’histoire, avec pour sous-titre « La presse satirique radicale à Marseille 1871-1879 » [éd. Via Valeriano, 2004], un titre qui illustre bien notre sujet. Bien avant Charlie Hebdo et Le Canard Enchaîné, le dessin de presse d’actualité, la caricature étaient une expression de la contestation des pouvoirs politiques et religieux. Parmi les revues qui publiaient ces dessins et des textes au « vitriol », il y avait les différentes versions de « La Calotte« …

La Calotte est toujours publiée…

La Calotte n° 539, 4e trimestre 2017 © Coll. Laicite.fr
La Calotte n° 539, 4e trimestre 2017 © Coll. Laicite.fr

Aujourd’hui, La Calotte, trimestriel (La Calotte, J.-M. Lecompte, BP 90924, 51060 Reims Cedex), abonnement simple, 16 € / an, abonnement de soutien, à partir de 20 € (à l’ordre de « La Calotte« )

"Pour une société humaine" La Calotte n° 539, 4e trim. '17 © Laicite.fr
« Pour une société humaine » La Calotte n° 539, 4e trim. ’17 © Laicite.fr

La Calotte, c’est quoi ?

  • Calotte (paramentique). fr.wikipedia.org, vu 1.12.20. « La calotte est une coiffe ronde, portée par les ecclésiastiques dans la liturgie catholique. Elle est également en usage chez les Anglicans. Chez les catholiques, on la nomme parfois de son italien zucchetto [] En France, sous la Troisième République, fortement anticléricale, un slogan populaire souvent répété est « À bas la calotte« , employé pour dénoncer l’influence de la religion sur la vie publique. []« 

« A Bas La Calotte !« 

A bas la Calotte ! la caricature anticléricale & la séparation des Eglises & de l’Etat, Guillaume Doizy & J.-Bernard Lalaux, éd. Alternatives 9.05, 30 €, 172 pp. couleur, ISBN 2-86227-459-3 [Multi-Mediathèques Laïq]. « A la fin du XIXe siècle, l’Église catholique et la République s’affrontent pour la domination des institutions du pays. Élaborant un langage trivial et violent, la caricature anticléricale, imprimée sur les supports les plus variés, devient une arme de combat aux mains du milieu libre-penseur, très actif depuis l’affaire Dreyfus. Volontiers effrontée et blasphématoire, cette imagerie satirique envahit la rue, commente les crises et les alimente, diffusant non seulement une vision infamante du clergé mais attaquant aussi les dogmes. Si les Républicains au pouvoir font finalement voter, en 1905, la loi de séparation de l’Église et de l’État, l’imagerie anticléricale s’était donner pour tâche de séparer l’Église de toute la société, sur le terrain moral, affectif et idéologique. Une œuvre immense et passionnante d’une étonnante actualité qui aura inspiré certains des meilleurs dessinateurs de la Belle Époque comme André Gill, Pépin, Grandjouan, Delannoy« 

croix sur un sommet autour de Gap (05) 22.8.07 Laicite.fr © PhI
croix sur un sommet autour de Gap (05) 22.8.07 Laicite.fr © PhI

Querelle, ou plus ?

La République & l’Eglise, Images d’une Querelle. Michel Dixmier, Jacqueline Lalouette, Didier Pasamonik, éd. de la Martinière 7.05, 152 pp. 29 €, ISBN 2-7324-3288-1. Multi-Mediathèques Laïq.

  • Critique. La République et L’Eglise. Images d’une querelle, G. Doisy, CaricaturesEtCaricature.com 6.1.07, « Ce livre de Jacqueline Lalouette, Michel Dixmier et Didier Pasamonik publié à l’occasion du centenaire de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat entreprend de dresser l’inventaire des relations entre l’Eglise (surtout catholique) et l’Etat dans les premières décennies de la Troisième République. Les auteurs s’intéressent avant tout à la traduction de ces rapports houleux (un peu plus qu’une « querelle » pour reprendre l’expression du sous-titre de cet ouvrage) par l’image satirique et principalement au travers des dessins publiés par la presse []« 
La Calotte, revue anticléricale, coll. Laicite.fr
La Calotte, revue anticléricale, coll. Laicite.fr

Auteur du slogan ?

Croix des Alpes et du Midi 5.20 Laicite.fr © PhI
Croix des Alpes et du Midi 5.20 Laicite.fr © PhI

Croix hors-la-loi, mini-dossier sur Laicite.fr

Paris & Marseille

La Calotte [de Paris]G. Doizy, caricaturesetcaricature.com 13.1.07.  » Revue anticléricale illustrée, La Calotte est fondée à Paris en 1906 par l’éditeur Louis Grenêche. Lancée dans un contexte fin de crise autour des Inventaires faisant suite au vote et à l’application de la loi de 1905 sur la Séparation des Eglises et de l’Etat, La Calotte surfe sur une puissante vague anticléricale et reprend la formule lancée un an plus tôt en France par le belge Didier Dubucq, Les Corbeaux. La Calotte, hebdomadaire composé de 16 pages, est pour moitié illustrée de dessins satiriques visant exclusivement l’Eglise. Pour le reste, il s’agit de textes de la même veine, chansons, blagues, articles défendant les idées rationalistes et dénonçant le cléricalisme et ses méfaits. Dans son premier numéro du 14 septembre 1906, la rédaction explique à ses lecteurs, « vous pouvez vous rendre compte de l’allure combative de La Calotte. Nous n’avons qu’une arme : le rire, seule arme que redoutent les soldats de Tartuffe, c’est vous dire que nous ne manquerons pas d’ennemis qui chercheront à nous étouffer par tous les moyens. Si vous partagez notre avis, chers lecteurs, insistez auprès de vos kiosques et marchands de journaux, qui sont nos seuls vendeurs afin qu’ils nous affichent en bonne place. Vous soutiendrez ainsi notre cause ». […] »

La Calotte (1897-1902, Marseille) sur CaricaturesetCaricature.com Notice extraite de Ridiculosa n° 18, « La presse satirique française ». La presse satirique illustrée de province s’aligne en général mais avec retard et moins de brio, sur sa consœur de Paris. La Calotte de Marseille []« 

Mouton noir et ciel bleu (04) Pierrerue 2.7.05 © PhI
Mouton noir et ciel bleu (04) Pierrerue 2.7.05 © PhI
  • création, 9.12.10 (sur l’ex-laicite.free.fr) # Re-fondation 9.12.20Merci à Alain et ses amis historiens