Beaucaire, ville du Gard, ex-Languedoc-Roussillon (aujourd’hui région Occitanie), sud de la France, au bord du Rhône, séparée et réunie par deux ponts avec la ville de Tarascon (Bouches-du-Rhône, PACA). Rivalité et union : pour les deux cités, une seule piscine, une seule librairie, un seul cinéma, une association Les Têtes à Claps, qui travaille de chaque côté du pont…
MAS, Maison des Alternatives Sociales (30) Bagnols-sur-Cèze
Sa charte ?
Elle s’inspire de la charte du Forum Social Local de la région bagnolaise : « La Maison des Alternatives Solidaires de la région bagnolaise est un espace pluriel et diversifié, non sectaire et non partisan mais qui cherche à bâtir un monde plus juste et plus solidaire. Elle sera un lieu privilégié de rencontre et d’échange, de mixité sociale, de mutualisation des moyens humains et matériels, de création, de recherche et d’alternatives. Elle aura pour but de créer et de développer du lien social et de la solidarité à travers toutes les couches de la population.
Sa réalité chiffrée en 2023 ?
Du café, au resto, à l’épicerie, il y a trop à dire : 6075 repas servis, 2125 participations aux ateliers…
Ce qui se vit et ne se voit pas forcément ?
De très beaux temps de rencontre :
Par exemple, au café du mercredi matin, jour du marché, où les dialogues se nouent et se dénouent, au fil du temps et des envies. Par exemple lorsque se mélangent au repas dames âgées et gens de la rue, chacun portant son passé, ses fatigues et ses rêves, handicapés et formateurs, gens de passage et usagers depuis la création de l’association, financeurs et financés… Par exemple encore dans le livre Bribes de Vie, livre écrit et relié sur place, recueil de passés pas toujours simples. Par exemple, le jour où des élèves du lycée professionnel voisinqui viennent, curieux ou parfois réticents, partager un atelier d’écriture, tous âges confondus, tous styles confondus, et avouent les colères éprouvées devant les jeux vidéo, et qui sortent de là, fiers du travail commun… le jour où les adultes découvrent ce monde nouveau qu’ils cerneront désormais un peu mieux…
La colère, / C’est quand on me harcèle, / Qu’on me dépasse, / Qu’on me prend ma place, / Qu’on me coupe la route, / C’est quand il y a des injustices,
La colère, c’est quand mon mari hurle, hurle, / Me hurle dessus / Alors que je téléphone, / Que je téléphone / À mon fils,
La colère c’est quand des enfants crient, / Des enfants dans le bus, / Et je voudrais tant les jeter, / Les jeter par la fenêtre
La colère, c’est quand j’ai reçu une pomme / Dans le dos / Par un garçon de mon école / Jaloux, / Jaloux de voir sa sœur sur mon porte-bagage,
La colère c’est aussi quand on m’a volé / Mes papiers, / Ma carte bancaire / Dans mon sac.
La colère, c’est quand la surveillante / Me confisque mon journal / Mon journal personnel / Et le donne A la direction, / La colère, c’est le jour, / Le jour où une amie m’a menti.
Le jour où on a mangé mon tacos,
Le jour où j’ai perdu au jeu vidéo Algérie / Et aussi la fois où mon pote Swan / Est mort sur Fortnite / Que j’ai commencé à le danser / Et que j’ai reçu une balle / De snipper dans la tête / Dans ma tête
Et moi le jour / Où j’ai perdu / Une partie Bravel Stars / Contre Samy / Le jour où on pariait des dragibus
Et moi, le jour où Marseille a perdu contre Annecy
Et moi, j’ai eu la rage / Quand j’ai cassé ma télé / Dans ma chambre.
Et cette fille que je connais, elle a la hargne / Parce que sa mère l’a défoncée…
Et lui quand il était chez le docteur / Et que le docteur l’a obligé à se dépêcher, Il rageait de colère. / Pour lui, c’est impossible.
Et lui aussi il est furieux / Il a raté son train / Pour rentrer chez lui / A Propora.
Et moi, c’est le jour où un humain / Constitué de CO² / A balancé à ma sœur / Ce que j’avais fait.
Et la colère / La colère, je l’ai sentie / Le jour où j’ai reçu mon diplôme, Le jour où j’ai été trahie par ma famille,
Et je l’ai ressentie / Parce que j’étais pauvre
Je hais les injustices / Je hais / Les injustices sociales.
Beaucaire, ville du Gard, ex-Languedoc-Roussillon (aujourd’hui région Occitanie), sud de la France, au bord du Rhône, séparée et réunie par deux ponts avec la ville de Tarascon (Bouches-du-Rhône, PACA). Rivalité et union : pour les deux cités, une seule piscine, une seule librairie, un seul cinéma, une association Les Têtes à Claps, qui travaille de chaque côté du pont…
Quelques images et infos sur la ville de Beaucaire, la Laïcité, l’extrême-droite…
Vue de la ville et détails d’un bateau abandonné au bord d’une annexe du canal principal, à Beaucaire
bateau Beaucaire 2.12.14 (c) PhI
Beaucaire (30) bateau 2.12.14 (c) PhI
Beaucaire (30),le 9 décembre 2014 la laïcité fêtée avec la Ligue de l’enseignement et des citoyens qui s’opposent à la nouvelle mairie d’extrême-droite. « Journée de la Laïcité en partenariat avec la Ligue de l’Enseignement du Gard, Prix Desmons & Banquet Républicain, à Beaucaire. Remise du Galet de Brignon aux établissements scolaires lauréats et à une personnalité qui s’est particulièrement illustrée pour la promotion et la défense de la liberté de conscience »[billet de Laure, Beaucaire] 11.12.14.
« A Beaucaire ce soir nous fêterons la Laïcitédans un centre socio-culturel appelé hélas à fermer ses portes à la fin du mois. Nous remettrons le Galet de Grignon à une personnalité qui a œuvré pour la laïcité et ensuite nous partagerons un apéritif du vivre ensemble préparé par les familles de toutes origines du centre ville qui sera suivi d’un banquet républicain Une belle soirée en perspective ! » L. Cordelet
Un centre social doit fermer à Beaucaire. Un centre social se nomme Ferdinand Buisson, qui » [co-fondateur de] la Ligue des Droits de l’Homme […] participa à la Ligue de l’Enseignement, [et] en 1905, est le président de la commission parlementaire qui rédige le texte de la loi de séparation des Églises et de l’État. […] Ferdinand Buisson fut également le maître d’œuvre d’un chantier éditorial remarquable, le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire […] » (source,Wikipédia),11.12.14.
« On répète incessamment que la société laïque n’a aucun principe, et par conséquent rien à enseigner. Il faut du moins reconnaître qu’elle peut mieux qu’aucune autre s’enseigner elle-même, et voilà précisément de quoi il est question dans l’enseignement laïque. Pour moi, j’ai toujours prétendu qu’elle possède un principe que, seule, elle est en état de professer et c’est sur ce principe qu’est fondé son droit absolu d’enseignement en matière civile. Ce qui fait le fond de cette société, ce qui la rend possible, ce qui l’empêche de se décomposer est précisément un point qui ne peut être enseigné avec la même autorité par aucun des cultes officiels. Cette société vit sur le principe de l’amour des citoyens les uns pour les autres, indépendamment de leur croyance. Or, dites-moi qui professera, non pas seulement en paroles, mais en action cette doctrine, qui est le pain de vie du monde moderne ? Evidemment un principe supérieur et plus universel. Ce principe, qui n’est celui d’aucune église, voilà la pierre de fondation de l’enseignement laïque. » Edgar Quinet, Extrait de L’Enseignement du peuple, Chapitre XIV, 1849. (cité par L. Cordelet)
Les élus d’extrême-droite de Beaucaire et de Tarasconont organisé une manifestation de soutien aux chrétiens d’orient persécutés au départ… d’une église de Beaucaire. Difficile d’accréditer ensuite le credo laïque de ces politiques bien « traditionnels », qui flirtent avec le communautarisme (chrétien). Cette manifestation, qui soutenait uniquement les chrétiens et ayant de plus un départ d’un lieu religieux, a été contestée par des citoyens de Beaucaire.
Rappelons le passé laïque et républicain de la ville : une église de Beaucaire a une inscription républicaine « République Française – Liberté Egalité Fraternité » (inscription identique au fronton de l’hôtel de ville) ; des rues renommées avec des noms républicains : la rue Rouget de l’Isle était la rue de la Providence… On trouve des rues renommées à Manosque, Arles et Tarascon… Voir nos pages : Patrimoine Laïque et Les Routes de la République.
Citons des extraits de « Beaucaire, Maurice Contestin, éd. Equinoxe, coll. le temps retrouvé 1990, 96 pp. 98 FF, ISBN 2-908-209-09-8.
Rues Renommées. » A partir de 1881, la politique républicaine, teintée d’Anticléricalisme, se manifeste jusque dans la dénomination des rues »[pp. 78-79].comme à Tarascon, Arles, Manosque… des noms de voies publiques d’origine religieuse et de l’Ancien régime sont remplacées par des noms républicains, ainsi, près du canal, la Rue de la Providence devient la Rue Rouget de l’Isle, auteur de la Marseillaise.
De la Liberté à la République.« La place vieille, était la place de la Liberté sous la Révolution, avec un arbre de la Liberté et un autel de la patrie. Aujourd’hui, cette place est nommée place de la République »… avec à l’époque « un Drac de carton-pâte, modèle languedocien du monstre provençal, la Tarasque » [p. 78]. Cet auteur oublie, le Drac, la bête du Rhône, évoqué par Frédéric Mistral, ainsi que le Drac de Mondragon et celui de Draguignan.
Parmi les citoyen.ne.squi s’opposent à la nouvelle mairie d’extrême-droite, des blogs, des pages Facebook : Regards sur Beaucaire et Des Brins d’Ecriture (L. Cordelet)…
LIRE à Beaucaire (30). Une Maison de la Presse (autrefois près de la mairie, maintenant près du canal), avec donc, de la presse, mais aussi des livres (régionalisme, actualité, livres de poche,livres scolaires et éducatifs, etc.) – ex-18, rue de l’Hôtel de Ville30300 Beaucaire, tél. 04 66 59 65 68
« Le Drac de Beaucaire. La légende d’un dragon du Rhône« , Valeria Jourcin-Campanile (texte), Yannick Vincente (illustrations), éd. Rêve de livres (13) Boulbon, coll. Rêve de légendes, 14 €, 28 pp. ISBN 978-2-9543054-2-4 (« à partir de 8 ans ») – Page Lo Drac.